{"id":9675,"date":"2022-12-22T11:10:21","date_gmt":"2022-12-22T10:10:21","guid":{"rendered":"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/?p=9675"},"modified":"2023-01-03T12:20:52","modified_gmt":"2023-01-03T11:20:52","slug":"venezuela-journal-dune-generation-sacrifiee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/portuguese\/la-revolution-et-apres-s5\/venezuela-journal-dune-generation-sacrifiee\/","title":{"rendered":"Venezuela : Journal d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration sacrifi\u00e9e"},"content":{"rendered":"<div class=\"vce-row-container\"><div class=\"vce-row vce-row--col-gap-30 vce-row-columns--top vce-row-content--top\" data-vce-full-width=\"true\" data-vce-stretch-content=\"true\" id=\"el-2ec93370\" data-vce-do-apply=\"all el-2ec93370\"><div class=\"vce-row-content\" data-vce-element-content=\"true\"><div class=\"vce-col vce-col--md-17p vce-col--xs-1 vce-col--xs-last vce-col--xs-first vce-col--sm-last vce-col--sm-first vce-col--md-first vce-col--lg-first vce-col--xl-first\" id=\"el-036b4b69\"><div class=\"vce-col-inner\" data-vce-do-apply=\"border margin background  el-036b4b69\"><div class=\"vce-col-content\" data-vce-element-content=\"true\" data-vce-do-apply=\"padding el-036b4b69\"><\/div><\/div><\/div><div class=\"vce-col vce-col--md-66p vce-col--xs-1 vce-col--xs-last vce-col--xs-first vce-col--sm-last vce-col--sm-first vce-col--md-last vce-col--lg-last vce-col--xl-last\" id=\"el-1360f9ff\"><div class=\"vce-col-inner\" data-vce-do-apply=\"border margin background  el-1360f9ff\"><div class=\"vce-col-content\" data-vce-element-content=\"true\" data-vce-do-apply=\"padding el-1360f9ff\"><div class=\"vce-text-block\"><div class=\"vce-text-block-wrapper vce\" id=\"el-a68c248e\" data-vce-do-apply=\"all el-a68c248e\"><p><span style=\"font-weight: 400;\">Quand j'ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire, le mot \u00ab r\u00e9volution \u00bb m'a pouss\u00e9e \u00e0 une grande remise en question. Lorsque l'on cherche le mot dans le dictionnaire, voil\u00e0 les synonymes que l'on trouve : perturbation, bouleversement, r\u00e9v\u00e9lation, agitation, retournement, changement, mouvement. Peut-\u00eatre que ce qui vient apr\u00e8s la r\u00e9volution, surtout apr\u00e8s une r\u00e9volution rat\u00e9e, c'est une friction entre tous ces termes, avec un grand point d'interrogation, un sentiment semblable \u00e0 une attente, \u00e0 une paralysie. C'est pour cela que le mot \u00ab r\u00e9volution \u00bb est bien plus qu'un mot \u00e0 mes yeux, c'est un symbole, et m\u00eame si j'aime en revendiquer la force et l'autonomie, j\u2019y ai toujours associ\u00e9 une forte connotation n\u00e9gative. Nous avons beau savoir que rien n'est tout blanc ou tout noir, et qu'il y a toujours un peu de gris dans tout gouvernement, il faut bien admettre que ce gouvernement, comme tant d'autres partis politiques totalitaires au pouvoir, se caract\u00e9rise par la couleur rouge. Quand vous \u00eates rouge, vous tranchez ou vous tirez. Dans les deux cas, il y a du sang ; dans les deux cas, on vous blesse.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">En tant que V\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne, mon enfance a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par le son de casseroles qui s'entrechoquent. J'ai \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame \u00e2ge que la r\u00e9volution bolivarienne, j'ai grandi en croyant innocemment qu'en joignant ma main \u00e0 celle de mes parents ou d'une de mes tantes, je pourrais chasser un r\u00e9gime, ou plut\u00f4t chasser<\/span> <span style=\"font-weight: 400;\">un homme avan\u00e7ant au rythme des chants, dans ces longues marches \u00e0 chemises blanches et foulards assortis \u00e0 la couleur du drapeau. Quelques ann\u00e9es apr\u00e8s, plus \u00e2g\u00e9e et moins na\u00efve, comme tant d'autres, j'ai regard\u00e9 avec consternation les mobilisations massives qui d\u00e9filaient sur les \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision des ann\u00e9es 2000 aux ann\u00e9es 2010, la force brute des soi-disant \u00ab gardes nationaux \u00bb agressant les manifestants, semant la destruction sur leur passage, paralysant la ville, avec une force qu'ils qualifiaient de \u00ab r\u00e9volutionnaire \u00bb.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Un espace r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant par la peur de se retrouver sans rien, une inertie d\u2019automate qui ne laisse plus de place que pour des consid\u00e9rations mat\u00e9rielles, voil\u00e0 le r\u00e9sultat de la si mal nomm\u00e9e r\u00e9volution d'un pays \u00e0 l'ultra-capitalisme maquill\u00e9 en socialisme. Mais ce qui m'int\u00e9resse, ce n'est pas seulement de parler de la crise \u00e9conomique qui survient apr\u00e8s une r\u00e9volution politique, continuant d\u2019avancer \u00e0 visage masqu\u00e9. A l\u2019heure actuelle, on assiste \u00e0 un simulacre de normalit\u00e9 qui s\u2019exprime par la disparition progressive des partis politiques - qu\u2019on ne prend m\u00eame plus la peine de nommer, l'apparition de produits de toutes sortes, l\u2019ouverture constant de nouvelles boutiques et restaurants, la venue d\u2019artistes du monde entier et l\u2019organisation de festivals de musique tous les mois, mais en r\u00e9alit\u00e9 tout cela ne constitue que la face immerg\u00e9e de l'iceberg. Sous la surface, le pays est en train de se d\u00e9liter, les services continuent de faire d\u00e9faut, les choses ne cessent de dysfonctionner. La diff\u00e9rence, c'est qu'aujourd'hui, avec de l\u2019argent, tout peut se r\u00e9gler : si l'eau vient \u00e0 manquer, on peut acheter un r\u00e9servoir ; si c'est la lumi\u00e8re, on installe un groupe \u00e9lectrog\u00e8ne ; lorsque l'essence se fait rare et que les files d'attente s'allongent, on l\u2019ach\u00e8te sur le march\u00e9 noir. Tout se r\u00e9sout avec de l'argent, ce n'est qu'une question de contacts. Si vous avez assez d'argent, vous n'aurez jamais vraiment \u00e0 en subir les cons\u00e9quences, vous trouverez toujours comment coller un pansement sur les tracas de votre existence. Voil\u00e0 tout. Il existe entre les diff\u00e9rentes classes sociales un \u00e9cart immense et d\u00e9terminant dans l'exp\u00e9rience de la douleur.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est pourquoi, pour d\u00e9crire de ce que nous traversons tous, il me semble plus pertinent de parler de crise sociale ou mentale, ce qui ne cesse de s'accumuler \u00e0 l'int\u00e9rieur, entre ceux qui restent et les milliers d'exil\u00e9s qui ont quitt\u00e9 le pays, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s de voir un changement advenir. Je sais que mon sentiment de vide, ce vide que je crois bien conna\u00eetre, un grand vide br\u00fblant, transcendantal, identitaire, humain, surtout, est compos\u00e9 de bien plus que de ce pays itin\u00e9rant que nous avons construit. Mais comment ne pas bl\u00e2mer la d\u00e9ch\u00e9ance qui s'est install\u00e9e apr\u00e8s la r\u00e9volution, comment ne pas l'assimiler \u00e0 ses propres \u00e9checs ? Tout se confond. Tout r\u00e9sulte de ce qui reste apr\u00e8s la guerre, de la mani\u00e8re dont les d\u00e9combres ont \u00e9t\u00e9 ramass\u00e9s, de qui s'est occup\u00e9 de les ramasser pour laisser passer les cadavres, et de l'identit\u00e9 de ces derniers, pour faire \u00e9cho au c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me de Wislawa Szymborska.<\/span><\/p><p><b>Introduction \u00e0 la perte<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab Quand il nous arrive quelque chose, nous n'avons pas encore les outils pour le comprendre tant que ce n'est pas termin\u00e9, \u00bb a d\u00e9clar\u00e9, dans une interview, la r\u00e9cente laur\u00e9ate du prix Nobel de litt\u00e9rature, Annie Ernaux. \u00ab On ne peut le comprendre que plus tard, r\u00e9trospectivement. \u00bb Il y a quelques mois, je pensais que j'allais arr\u00eater de subir les cons\u00e9quences de la r\u00e9volution, que j'allais m'\u00e9loigner de la cendre, pour pouvoir enfin faire quelque chose de mes mains, sculpter autre chose, mais je suis toujours dans la boue. Je ne parviens pas encore \u00e0 tout comprendre, seulement \u00e0 imprimer des images dans ma m\u00e9moire ; c\u2019est ce que j'ai essay\u00e9 de faire ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et je suis all\u00e9e puiser dans mes carnets ces quelques extraits difficiles pour parler de la douleur. Ce dont je suis s\u00fbre, c'est que pour comprendre, je dois \u00eatre diff\u00e9rente, et pour l'instant, je reste la m\u00eame, coinc\u00e9e dans les d\u00e9combres d'une r\u00e9volution -&nbsp; la vraie, celle qui, en tentant de renverser la fausse, est morte d'\u00e9puisement. Je ne peux d\u00e9sormais que me souvenir, continuer \u00e0 explorer cette bo\u00eete \u00e0 pertes.<\/span><\/p><p><b>Premi\u00e8re perte \u2013 La lumi\u00e8re<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Voil\u00e0 une s\u00e9rie de choses qui me sont arriv\u00e9es : je me suis br\u00fbl\u00e9 la main avec de l'eau bouillante, une br\u00fblure large et douloureuse qui a laiss\u00e9 une marque brune ; j'ai retir\u00e9 C. de mes contacts Facebook qui m\u2019ignorait depuis notre s\u00e9paration ; cela fait 48h que je n\u2019ai pas de lumi\u00e8re, et m\u00eame un peu plus ; je suis enferm\u00e9e et je n'ai aucune id\u00e9e de quel jour on est, je sais seulement qu'on est en mars et que cela fait longtemps que je ne peux plus vivre sans \u00e9lectricit\u00e9, dehors le ciel commence \u00e0 s'assombrir, il se fait tard et la lumi\u00e8re n'arrive toujours pas, bient\u00f4t il fera nuit et nous sombrerons dans l'obscurit\u00e9 la plus totale. \u00c0 Caracas et dans tout le Venezuela, \u00e7a fait trois jours ou presque qu\u2019il n\u2019y a plus de courant, de longues journ\u00e9es \u00e0 discuter, \u00e0 \u00e9couter la radio, \u00e0 lire inlassablement jusqu'\u00e0 ce que je n'y vois plus rien, des nuits de lecture \u00e0 la lampe torche, incapable que je suis de vivre sans fiction. Des journ\u00e9es de solitude ou de r\u00e9unions familiales \u00e0 passer en revue tout ce que j'ai laiss\u00e9 derri\u00e8re moi et tout ce que je voudrais retrouver, mais aussi tout ce que je ne suis pas encore et que je voudrais \u00eatre. Des journ\u00e9es pass\u00e9es dans la peur, \u00e0 voir des signes partout, \u00e0 se coucher t\u00f4t, \u00e0 rester dans le noir en regardant par la fen\u00eatre.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">L'absence de technologie nous plonge dans un \u00e9tat de contemplation absolue. Hier, j'ai pu admirer la plus belle nuit \u00e9toil\u00e9e que j'ai vue de toute ma vie. Peut-\u00eatre \u00e9tait-ce une nuit \u00e9toil\u00e9e comme les autres, et que l'obscurit\u00e9 compl\u00e8te dans laquelle \u00e9tait plong\u00e9e Caracas a simplement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les \u00e9toiles que les \u00e9clairages de la ville cachent \u00e0 notre \u0153il. Le ciel s'est offert comme un cadeau, quelque chose de divin \u00e0 contempler, au moment o\u00f9 nous pouvions le plus en appr\u00e9cier la valeur, par une nuit de t\u00e9n\u00e8bres, \u00e0 la lueur des bougies, sans avoir grand-chose \u00e0 raconter, avec la peur du lendemain ; le genre de nuits \u00e9tranges et tristes, mais qui donne envie de sortir danser avec le danger.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Un pays, c'est aussi le territoire que l'on porte en soi, comme un sentiment. Un territoire \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable qui se construit \u00e0 partir de son propre vide. La jeune po\u00e9sie v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne, qu'elle soit politique ou non, s'est construite sur cette impossibilit\u00e9 \u00e0 d\u00e9finir cette g\u00e9ographie intime, et c\u2019est ce qui la rend belle, ce qui donne au po\u00e8me sa passion, sa raison d\u2019\u00eatre. Pour moi, c'est ce que recherche le po\u00e8te v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien : la lumi\u00e8re.<\/span><\/p><p><b>Deuxi\u00e8me perte \u2013 La \u201cbonne\u201d douleur<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Aujourd\u2019hui, ma grand-m\u00e8re Mamau est morte. Je suis triste pour mon p\u00e8re, pour la fa\u00e7on dont la mort semble avoir tout recouvert. C'est un jour \u00e9trange, \u00e0 l'atmosph\u00e8re calme et morose, quasi silencieuse. Apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, il n'y a pas grand-chose \u00e0 dire. Mes parents ont assist\u00e9 \u00e0 sa mort \u00e0 travers un \u00e9cran, l'ont appel\u00e9e sur Messenger, et au moment de rendre son dernier souffle, elle a ouvert les yeux, les a referm\u00e9s, puis elle est morte. Si les \u00e9crans offrent le confort de voir une personne mourir alors qu'elle se trouve \u00e0 des kilom\u00e8tres, je pr\u00e9f\u00e9rerais qu'ils n'existent pas. Mes parents l'ont vu comme une bonne chose, ils m'ont dit : \u00ab On ne peut pas voyager, mais au moins on a pu \u00eatre pr\u00e8s d'elle \u00bb. Comme toujours, je vois ces choses-l\u00e0 diff\u00e9remment. Je me demande combien de familles ont d\u00fb assister aux derniers instants de leurs proches \u00e0 distance parce qu'ils ne pouvaient pas voyager, que ce soit \u00e0 cause d'un manque d'argent ou d'un passeport expir\u00e9. Je peux \u00eatre quelqu\u2019un de tr\u00e8s dur, la mort ne me fait pas peur, et mon p\u00e8re m'a paru faible lorsqu'il a pleur\u00e9 devant son t\u00e9l\u00e9phone. \u00c7a n'a rien de logique, mais c'est ce que j'ai ressenti, peut-\u00eatre parce que la mort est trop d\u00e9finitive, trop obscure, et que je pr\u00e9f\u00e8re la consid\u00e9rer de mani\u00e8re s\u00e8che, sto\u00efque, presque inhumaine, pour pouvoir mieux l'avaler, d\u2019une seule bouch\u00e9e. Aucune personne que j'avais vraiment aim\u00e9e n'\u00e9tait morte auparavant. Oui, j'avais \u00e9t\u00e9 quitt\u00e9e et cela m'avait fait pleurer. J'ai parl\u00e9 \u00e0 C. de la mort de Mamau, et il avait beau \u00eatre connect\u00e9 sur Facebook, il a ignor\u00e9 mon message ; \u00e7a m'a fait mal, parce que je m'\u00e9tais montr\u00e9e vuln\u00e9rable en partageant quelque chose d'intime. Plus tard, il m'a r\u00e9pondu en inventant une excuse bidon que je n'ai pas crue. Il n'y a rien de pire que l'indiff\u00e9rence, pas m\u00eame le silence. J'avais pleur\u00e9 en lui \u00e9crivant mon message, mais je sais que mes larmes coulaient pour la perte de notre amour, de cette intimit\u00e9 que je ne retrouverais pas, et non pour la mort de mon <\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">abuela<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">En regardant \u00ab Les Sopranos \u00bb, j'ai \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par une sc\u00e8ne dans laquelle Tony enlace sa fille Mellow, v\u00eatue d'une toge et d'une toque de dipl\u00f4m\u00e9e. \u00c7a m'a fait penser \u00e0 C. dans sa toge, pleurant dans les bras de son p\u00e8re comme un petit gar\u00e7on. Pourquoi pleurer nous donne-t-il un air si pu\u00e9ril, nous rend-t-il si vuln\u00e9rables ? Je me souviens de ce que j'ai ressenti alors, un m\u00e9lange de col\u00e8re et de tristesse, col\u00e8re \u00e0 cause de sa r\u00e9ussite, avant tout, parce qu'\u00eatre dipl\u00f4m\u00e9 lui donnait un but, une s\u00e9curit\u00e9, un titre. Au moment o\u00f9 C. a re\u00e7u son dipl\u00f4me, je savais que le mien prenait la poussi\u00e8re et continuerait \u00e0 prendre la poussi\u00e8re. J'ai aussi ressenti de la col\u00e8re envers son p\u00e8re, qui ne m'aimait pas, qui ne m'avait jamais aim\u00e9e, qui n\u2019avait jamais montr\u00e9 d'affection et qui m'a trait\u00e9e ce jour-l\u00e0 avec d\u00e9fiance. J'ai ressenti de la col\u00e8re parce qu'il allait partir dans un autre pays, vers son avenir, avec sa toge, son courage, sa voix, et qu'il emporterait avec lui mon amour, tout l'amour que nous nous \u00e9tions donn\u00e9, toute la po\u00e9sie, tous les livres et les lieux et le sexe. Avec ses r\u00eaves, il emporterait tout, en m\u00eame temps que ses propres biens, et il allait tout m\u00e9langer comme une p\u00e2te \u00e0 pain pour construire un \u00e9difice qu'il pourrait ensuite d\u00e9vorer avec son superbe app\u00e9tit. Et lorsqu'il serait parti, moi j'allais me retrouver sans rien \u00e0 construire, parce que ma vie \u00e9tait toute enti\u00e8re vou\u00e9e \u00e0 la construction de notre amour et de la personne que j'\u00e9tais quand nous \u00e9tions ensemble. J'ai ressenti tout \u00e7a, attendant encore que toutes les embrassades se terminent pour pouvoir \u00e0 mon tour le prendre dans mes bras. Une \u00e9treinte pleine de col\u00e8re, de tristesse, de jalousie, d'amour, de trop d'amour, qui repr\u00e9sentait tout, y compris quand cet amour n'\u00e9tait rien d'autre qu'un d\u00e9sir de le quitter, qu\u2019un sentiment de libert\u00e9 face \u00e0 cet amour, que la peur de me perdre dans mes sentiments, de me perdre en lui, un homme grand et gros, dont la voix grave avait sur moi un effet profond\u00e9ment apaisant. C\u2019\u00e9tait donc \u00e7a mon \u00e9treinte, mon regard sur l\u2019\u00e9treinte de son p\u00e8re, et mon impossibilit\u00e9 \u00e0 dormir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui parce que j'ai pass\u00e9 notre derni\u00e8re nuit ensemble \u00e0 pleurer, pensant au mal que j'allais avoir pour construire un avenir sans l'amour de quelqu'un, alors m\u00eame que nous avions d\u00e9cid\u00e9 de donner une chance \u00e0 une relation \u00e0 distance. Pourquoi suis-je aussi d\u00e9pendante de l'amour pour ma survie \u00e9motionnelle ? Et me voil\u00e0, me cherchant toujours un avenir, avec les m\u00eames difficult\u00e9s \u00e9conomiques et psychologiques, pleurant avec Atahualpa Yupanqui et sa chanson qui adoucit l'hiver, alors que je devrais \u00eatre en train de pleurer la mort de ma grand-m\u00e8re, mais non, je pleure pour un couplet, une chanson, une fiction qui m'a touch\u00e9e en plein c\u0153ur, si inutile et si belle.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Apr\u00e8s la r\u00e9volution, on ne peut plus s\u00e9parer les douleurs intimes des douleurs collectives. On est en col\u00e8re, on devient amers.&nbsp; Dans notre vie personnelle, m\u00eame les choses deviennent difficiles. Le r\u00e9cit de quelqu'un qui n\u2019a toujours v\u00e9cu dans cette d\u00e9solation doit \u00eatre int\u00e9ressante. Quel avenir pouvons-nous esp\u00e9rer pour les enfants n\u00e9s et \u00e9lev\u00e9s dans ces conditions ? Chacun grandira de mani\u00e8re diff\u00e9rente, mais en chacun r\u00e9gnera la confusion. Ils grandiront, et tous leurs traumatismes formeront une m\u00eame masse, se changeront en un immense rocher de col\u00e8re raval\u00e9e et confuse, un gribouillis d\u2019impossibilit\u00e9s, dont la cons\u00e9quence portera le nom de r\u00e9volution rat\u00e9e.<\/span><\/p><p><b>Troisi\u00e8me perte \u2013 La libert\u00e9<\/b><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">Une fois tout le monde couch\u00e9 \u00e0 la maison, je suis descendue dans la chambre d'ami et j'ai ouvert la fen\u00eatre pour respirer l'air de la nuit. C'est la meilleure fen\u00eatre de la maison et la vue y est magnifique : une montagne impressionnante, un ciel immense et seulement quelques lumi\u00e8res visibles, tandis qu'\u00e0 des kilom\u00e8tres de l\u00e0 retentissait une musique dont le volume sonore \u00e9tait si fort qu'on aurait dit une rumeur toute proche. En observant la nuit, j'ai eu le sentiment que je n'avais pas v\u00e9cu, et que je n'exag\u00e9rais pas comme d'habitude quand je suis trop dramatique, mais que c'\u00e9tait bien r\u00e9el, que je n'avais presque rien v\u00e9cu, rien de ce que l'on peut appeler commun\u00e9ment une jeunesse divertissante, que je m\u00e9ritais de faire la f\u00eate. Ma libert\u00e9 m'avait \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e par une s\u00e9rie de conditions que je n'avais pas choisies, mais qui avaient grandi avec moi ; ce sentiment d'emprisonnement \u00e9tait un h\u00e9ritage \u00e9motionnel, symbolique, que je devais \u00e0 ma g\u00e9n\u00e9ration et ma nationalit\u00e9. \u00c0 ce moment-l\u00e0, dans ma t\u00eate, une question s\u2019est manifest\u00e9e : serai-je toujours cette femme qui \u00e9coute avec nostalgie \u00e0 travers la fen\u00eatre une f\u00eate lointaine, avec le d\u00e9sir d'y \u00eatre, attendant que \u00e7a arrive un jour, tout en sentant sur mon visage le vent froid de la nuit et la bruine qui accompagne le brouillard ? L'impuissance m'envahit, et en \u00e9crivant ces lignes je me suis mise \u00e0 pleurer. Serai-je aussi cette femme qui pr\u00e9f\u00e8re la sensation d'\u00eatre loin de la f\u00eate qu'elle d\u00e9sire ? Peut-\u00eatre que j'ai construit cette femme comme fa\u00e7on de me d\u00e9fendre contre l'impossible. La femme que j'aimerais \u00eatre est une femme qui, apr\u00e8s avoir dans\u00e9 et transpir\u00e9 en faisant la f\u00eate, sortirait un moment dans le jardin, assise ans le froid, admirant le ciel d\u00e9gag\u00e9 o\u00f9 scintilleraient quelques \u00e9toiles, quand tout \u00e0 coup un \u00e9tranger s'approcherait d'elle, lui proposerait un briquet pour allumer une cigarette, et elle se sentirait \u00e0 cet instant plus heureuse, plus libre qu'au c\u0153ur de la f\u00eate m\u00eame, dans le silence de la nuit, avec la musique au loin, tout en sachant qu'il lui suffirait de marcher un peu si elle voulait rejoindre la f\u00eate, qu'elle est toujours \u00e0 sa port\u00e9e. Cette femme a le pouvoir de choisir, mais elle a le c\u0153ur de quelqu'un qui est rest\u00e9 \u00e0 sa fen\u00eatre, derri\u00e8re les barreaux. Elle choisirait d'\u00eatre une femme qui appris de ce qu'elle a perdu.<\/span><\/p><p><span style=\"font-weight: 400;\">La r\u00e9volution laisse des marques, on apprend \u00e0 regarder diff\u00e9remment, plus calmement, car le temps passe autrement lorsqu'il est plong\u00e9 dans l'instabilit\u00e9. Dans certaines r\u00e9volutions, le regard se remplit d'un sentiment de victoire, dans d'autres, d'\u00e9chec, et dans d'autres encore, simplement d'espoir. Au pire, je conseille de se fabriquer un \u0153il en carton pour regarder le vide plus facilement. Quant \u00e0 ceux qui oseront tout jeter dans les flammes, y compris les souvenirs et leurs flammes imaginaires, la libert\u00e9 les remplira d'une blancheur immense.<\/span><\/p><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><div class=\"vce-row-container\" data-vce-boxed-width=\"true\"><div class=\"vce-row vce-row--col-gap-30 vce-row-columns--top vce-row-content--top\" id=\"el-b53696bd\" data-vce-do-apply=\"all el-b53696bd\"><div class=\"vce-content-background-container\"><\/div><div class=\"vce-row-content\" data-vce-element-content=\"true\"><div class=\"vce-col vce-col--md-auto vce-col--xs-1 vce-col--xs-last vce-col--xs-first vce-col--sm-last vce-col--sm-first vce-col--md-last vce-col--lg-last vce-col--xl-last vce-col--md-first vce-col--lg-first vce-col--xl-first\" id=\"el-e8bbc24f\"><div class=\"vce-col-inner\" data-vce-do-apply=\"border margin background  el-e8bbc24f\"><div class=\"vce-col-content\" data-vce-element-content=\"true\" data-vce-do-apply=\"padding el-e8bbc24f\"><div class=\"vce-shortcode\"><div class=\"vce-shortcode-wrapper vce\" id=\"el-976e27c2\" data-vce-do-apply=\"all el-976e27c2\">\n<!-- MOLONGUI AUTHORSHIP PLUGIN 4.7.7 -->\n<!-- https:\/\/www.molongui.com\/authorship\/ -->\n\n<div class=\"molongui-clearfix\"><\/div>\n<div id=\"mab-3247257761\"\n     class=\"m-a-box\"\n     data-is-shortcode=\"yes\"     data-plugin-release=\"4.7.7\"\n     data-plugin-version=\"pro\"\n     data-box-layout=\"slim\"\n     data-box-position=\"below\"\n     data-multiauthor=\"false\"\n     data-author-id=\"9087\"\n     data-author-type=\"guest\"\n     data-author-archived=\"\">\n\n\t\n    <div class=\"m-a-box-container\">\n\n        <div class=\"m-a-box-tab m-a-box-content m-a-box-profile\"\n             data-profile-layout=\"layout-1\"\n             data-author-ref=\"guest-9087\"\n             itemscope itemid=\"#molongui-disabled-link\" itemtype=\"https:\/\/schema.org\/Person\"        >\n            \n<div class=\"m-a-box-content-top\">\n\n\t\n<\/div><!-- End of .m-a-box-content-top -->\n\n<div class=\"m-a-box-content-middle\">\n\n    <!-- Author picture -->\n    \n\t<div class=\"m-a-box-item m-a-box-avatar\" data-source=\"local\">\n\t\t                <span>\n                    <img src=\"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-150x150.jpeg\" class=\"attachment-100x100 size-100x100 wp-post-image\" alt=\"\" itemprop=\"image\" srcset=\"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-150x150.jpeg 150w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-300x300.jpeg 300w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-1024x1024.jpeg 1024w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-768x768.jpeg 768w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-12x12.jpeg 12w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-70x70.jpeg 70w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-680x680.jpeg 680w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela-526x526.jpeg 526w, https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/Pamela.jpeg 1067w\" sizes=\"(max-width: 100px) 100vw, 100px\" \/>                <\/span>\n                \t<\/div>\n\n    <!-- Author social -->\n    \n    <!-- Author data -->\n    <div class=\"m-a-box-item m-a-box-data\">\n\n        <!-- Author name -->\n        \n<div class=\"m-a-box-name m-a-box-title\">\n\t<h5 itemprop=\"name\">\n                        <span>\n\t\t\t        Pamela Rahn S\u00e1nchez                <\/span>\n\t            \t<\/h5>\n<\/div>\n        <!-- Author metadata -->\n        \n<div class=\"m-a-box-item m-a-box-meta\">\n\n    \n    \n    \n\t\n\t\n\t\n\t        \t\t<script type=\"text\/javascript\" language=\"JavaScript\">\n\t\t\tif ( typeof window.ToggleAuthorshipData === 'undefined' )\n\t\t\t{\n\t\t\t\tfunction ToggleAuthorshipData(id, author)\n\t\t\t\t{\n\t\t\t\t\tlet box_selector = '#mab-' + id;\n                    let box = document.querySelector(box_selector);\n                    if ( box.getAttribute('data-multiauthor') ) box_selector = '#mab-' + id + ' [data-author-ref=\"' + author + '\"]';\n                    let label = document.querySelector(box_selector + ' ' + '.m-a-box-data-toggle');\n\t\t\t\t\tlabel.innerHTML = ( label.text.trim() === \"Plus de publications\" ? 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(Caracas, Venezuela, 1994). Autrice de Breves poemas para entender la ausencia (2019, Ediciones Torremozas, Espagne) parmi d'autres livres de po\u00e9sie. En 2022, elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9sidente \u00e0 l'IWP de l'Universit\u00e9 de l'Iowa et \u00e0 City of Asylum \u00e0 Pittsburgh.<\/p>\n<\/div>\n\n        \n            <!-- Author related posts -->\n            <div class=\"m-a-box-related\" data-related-layout=\"layout-1\">\n                <div class=\"m-a-box-item m-a-box-related-entries\" style=\"display: none;\">\n\n                    <ul>\n                            <li>\n        <div class=\"m-a-box-related-entry\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/CreativeWork\">\n            <div class=\"molongui-display-none\" itemprop=\"author\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Person\">\n                <div itemprop=\"name\">Pamela Rahn S\u00e1nchez<\/div>\n                <div itemprop=\"url\">#molongui-disabled-link<\/div>\n            <\/div>\n            <div class=\"m-a-box-related-entry-title\">\n                <i class=\"m-a-icon-doc\"><\/i>\n                <a class=\"molongui-remove-underline\" href=\"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/portuguese\/love-better-s4\/jetlag-amoureux\/\" itemprop=\"url\">\n                    <span itemprop=\"headline\">Jetlag amoureux<\/span>\n                <\/a>\n            <\/div>\n        <\/div>\n    <\/li>\n        <li>\n        <div class=\"m-a-box-related-entry\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/CreativeWork\">\n            <div class=\"molongui-display-none\" itemprop=\"author\" itemscope itemtype=\"http:\/\/schema.org\/Person\">\n                <div itemprop=\"name\">Pamela Rahn S\u00e1nchez<\/div>\n                <div itemprop=\"url\">#molongui-disabled-link<\/div>\n            <\/div>\n            <div class=\"m-a-box-related-entry-title\">\n                <i class=\"m-a-icon-doc\"><\/i>\n                <a class=\"molongui-remove-underline\" href=\"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/portuguese\/35-heures-et-plus-si-affinites-s5\/libre-de-travailler-la-fausse-promesse-du-teletravail\/\" itemprop=\"url\">\n                    <span itemprop=\"headline\">Libre de travailler : la fausse promesse du t\u00e9l\u00e9travail<\/span>\n                <\/a>\n            <\/div>\n        <\/div>\n    <\/li>\n                        <\/ul>\n\n                <\/div><!-- End of .m-a-box-related-entries -->\n            <\/div><!-- End of .m-a-box-related -->\n\n        \n    <\/div><!-- End of .m-a-box-data -->\n\n<\/div><!-- End of .m-a-box-content-middle -->\n\n<div class=\"m-a-box-content-bottom\"><\/div><!-- End of .m-a-box-content-bottom -->        <\/div><!-- End of .m-a-box-profile -->\n\n        \n    <\/div><!-- End of .m-a-box-container -->\n\n\t\n<\/div><!-- End of .m-a-box --><style id=\"molongui-author-box-shortcode-inline-css\" type=\"text\/css\">#mab-3247257761.m-a-box {width:100%;margin-top: !important;margin-right: !important;margin-bottom: !important;margin-left: !important;}#mab-3247257761 .m-a-box-header {margin-bottom:20px;}#mab-3247257761 .m-a-box-header > :first-child, #mab-3247257761 .m-a-box-header a.m-a-box-header-url {font-size:px;line-height:px;}#mab-3247257761 .m-a-box-container {padding-top:0;padding-right:0;padding-bottom:0;padding-left:0;border-style:solid;border-top-width:0;border-right-width:0;border-bottom-width:0;border-left-width:0;border-color:#e8e8e8;background-color:#f7f8f9;box-shadow:10px 10px 10px transparent ;}#mab-3247257761 .m-a-box-avatar img, #mab-3247257761 .m-a-box-avatar div[data-avatar-type=\"acronym\"] {border-style:solid;border-width:0px;border-color:transparent;border-radius:45%;}#mab-3247257761 .m-a-box-name *  {font-size:15px;line-height:1px;color:#283056 !important;}#mab-3247257761 .m-a-box-content.m-a-box-profile .m-a-box-data .m-a-box-meta * {font-size:12px;line-height:px;color:#283056;}#mab-3247257761 .m-a-box-meta-divider {padding:0 0.2em;}#mab-3247257761 .m-a-box-bio > * {font-size:14px;line-height:px;font-weight:normal;font-style:none;text-align:justify;color:#283056;}#mab-3247257761 .m-icon-container {background-color: inherit; border-color: inherit; color: #283056 !important;font-size:14px;}#mab-3247257761 .m-a-box-related-entry-title, #mab-3247257761 .m-a-box-related-entry-title a {font-size:14px;color:#283056;}@import url('https:\/\/fonts.googleapis.com\/css?family=Montserrat');\n\n\/* Appliquer la police Montserrat \u00e0 tous les \u00e9l\u00e9ments *\/\nbody {\n  font-family: 'Montserrat', sans-serif;\n}\n\n\/* Appliquer la police Montserrat \u00e0 un \u00e9l\u00e9ment sp\u00e9cifique *\/\nh1 {\n  font-family: 'Montserrat', sans-serif;\n}\n\n\/* Appliquer la police Montserrat \u00e0 une classe sp\u00e9cifique *\/\n.my-element {\n  font-family: 'Montserrat', sans-serif;\n}<\/style><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1998, au V\u00e9n\u00e9zuela, la r\u00e9volution bolivarienne prend le pouvoir et porte en elle le r\u00eave d\u2019une d\u00e9mocratie populaire et participative. Un quart de si\u00e8cle plus tard, Pamela, une jeune \u00e9crivaine de Caracas, fait le r\u00e9cit intime et collectif de cet avenir jamais advenu.<\/p>\n\t\t<div class=\"more-link-holder\">\n\t\t\t<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/portuguese\/la-revolution-et-apres-s5\/venezuela-journal-dune-generation-sacrifiee\/\">read more <i class=\"fa fa-angle-double-right\"><\/i><\/a>\n\t\t<\/div>","protected":false},"author":4,"featured_media":9678,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ub_ctt_via":"","footnotes":""},"categories":[136],"tags":[114],"featured_image_src":"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Cover-Chronique-Pamela-scaled.jpeg","author_info":{"display_name":"Pamela Rahn S\u00e1nchez","author_link":"#molongui-disabled-link"},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v21.5 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Venezuela : Journal d&#039;une g\u00e9n\u00e9ration sacrifi\u00e9e - Frictions<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Vingt-cinq apr\u00e8s le d\u00e9but de la r\u00e9volution bolivarienne, Pamela, une jeune \u00e9crivaine de Caracas, fait le r\u00e9cit de cet avenir jamais advenu.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"noindex, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"pt_BR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Venezuela : Journal d&#039;une g\u00e9n\u00e9ration sacrifi\u00e9e - Frictions\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Vingt-cinq apr\u00e8s le d\u00e9but de la r\u00e9volution bolivarienne, Pamela, une jeune \u00e9crivaine de Caracas, fait le r\u00e9cit de cet avenir jamais advenu.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/frictions.co\/la-revolution-et-apres-s5\/venezuela-journal-dune-generation-sacrifiee\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Frictions\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/www.facebook.com\/frictions.mag\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2022-12-22T10:10:21+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2023-01-03T11:20:52+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/frictions.co\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/Cover-Chronique-Pamela-scaled.jpeg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"2560\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1709\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Pamela Rahn S\u00e1nchez\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:creator\" content=\"@FrictionsMag\" \/>\n<meta name=\"twitter:site\" content=\"@FrictionsMag\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Escrito por\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Pamela Rahn S\u00e1nchez\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. tempo de leitura\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"15 minutos\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/frictions.co\/la-revolution-et-apres-s5\/venezuela-journal-dune-generation-sacrifiee\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/frictions.co\/la-revolution-et-apres-s5\/venezuela-journal-dune-generation-sacrifiee\/\"},\"author\":{\"name\":\"Pamela Rahn S\u00e1nchez\",\"@id\":\"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/#\/schema\/person\/503c84e3c0f4d41030478cdf6880e1ce\"},\"headline\":\"Venezuela : Journal d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration sacrifi\u00e9e\",\"datePublished\":\"2022-12-22T10:10:21+00:00\",\"dateModified\":\"2023-01-03T11:20:52+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/frictions.co\/la-revolution-et-apres-s5\/venezuela-journal-dune-generation-sacrifiee\/\"},\"wordCount\":3237,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/prod-2018.frictions.co\/#organization\"},\"keywords\":[\"Chronique\"],\"articleSection\":[\"La r\u00e9volution et apr\u00e8s ? 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